mercredi 10 mars 2010

logo

design

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z  
Accueil > État > Réformes de la fiscalité
Vanille

De nombreuses plantes (café, coton, canne à sucre…) furent introduites à Tahiti par les premiers navigateurs européens avec plus ou moins de succès, le climat tropical faisant une sélection naturelle. En 1848, l’amiral Hamelin transporta sur la frégate «la Virginie» les premiers plants de vanille en provenance des Philippines. Deux ans plus tard, ils fleurirent dans le jardin du gouverneur. Par la suite, d’autres variétés de vanille furent introduites, venant des Antilles et du Mexique. À Tahiti, la culture de la vanille s’intensifia vers 1880, pour devenir une des principales activités économiques des Iles Polynésiennes. Il semblerait que l’actuelle vanille de Tahiti - Vanilla Tahitiensis - soit un croisement des différentes vanilles importées. Ce «métissage», allié à la richesse du sol des îles volcaniques, expliquerait les qualités exceptionnelles de la vanille de Tahiti.

La plantation

La vanille est une orchidée grimpante pouvant atteindre les 50 mètres de long. Cependant sa plantation en Polynésie est différente car l'abeille qui sert à son exploitation au Mexique n'existe pas en Polynésie. En effet, ici, sa culture est tout un art qui est le mariage par la fécondation artificielle. Cette technique, appelée «pollinisation», permet de développer la culture de la vanille dans de nombreux pays.
Les qualités de la vanille de Tahiti viennent en partie de la nature du sol des Iles Sous-le-Vent, et de leurs conditions climatiques particulières : une température variant de 20° à 30° C, une forte humidité ambiante. La plante orchidée est une liane exigeante, elle a besoin d’une ombre étudiée, d’un sol riche en humus, d’une certaine qualité de tuteur. Son pied repose dans la bourre de coco.

La pollinisation

Pour que l’orchidée produise son fruit, elle doit être fécondée. Le mariage «célébré» dans d’autres pays par les soins d’une abeille, est réalisé en Polynésie par la main de l’homme de juillet à septembre, époque de floraison. La fleur de vanille est éphémère, la fécondation doit donc être effectuée rapidement, le plus souvent aux premières heures du jour. Les planteurs confient souvent cette opération délicate à des femmes qui s’aident d’un petit bâtonnet ou d’une épine de citronnier.


La gousse

Après le mariage des fleurs, la liane de vanille porte plusieurs gousses disposées en «balai». 6 à 8 mois sont nécessaires pour que les gousses arrivent à maturité. Le fruit a alors atteint sa taille définitive, il est d’un beau vert brillant, mais n’a aucun parfum. Les gousses n’arrivant pas toutes à maturité en même temps, la récolte dure pendant plusieurs semaines.

Le séchage

Commence alors un long travail de soins qui durera six mois. D’abord tenues au frais, les gousses devenues brunes sont lavées à l’eau claire, puis exposées au soleil 3 heures par jour. Le soir, elles sont empaquetées dans un tissu capitonné de laine, afin de perdre leur eau. Le jour, chaque gousse est aplatie entre le pouce et l’index. Petit à petit, les gousses vont diminuer de poids et prendre une couleur brun foncé. Elles seront ensuite conservées dans des malles en bois pour développer leur arôme.

La culture de la vanille sur les îles de Raiatea, Tahaa et Huahine est en développement notamment avec la création de plantations modernes sous combrières. Depuis 2003, la Polynésie connaît un regain d’intérêt pour cette culture qui pourrait devenir un secteur porteur compte tenu de la demande croissante très supérieure à l’offre actuelle, et le niveau élevé du prix au kilo (200 USD). La création d’un label « Vanille de Tahiti » devrait voir le jour d’ici 2006.