vendredi 18 mai 2012

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Tsunamis

 

Le bilan des tsunamis meurtriers, qui ont frappé le 26 décembre 2004 l'Inde, le Sri Lanka, l'Asie du Sud-Est et les côtes d'Afrique orientale, aurait pu être beaucoup moins lourd si ces pays s'étaient dotés d'un système d'alerte opérationnel comme il en existe dans le Pacifique.
Depuis 1949, le centre américain d'alerte des tsunamis (Pacific Tsunami Warning Center – PTWC), basé à Hawaï a pour mission de centraliser les données enregistrées par les sismologues des pays riverains du Pacifique, de l'Amérique du Sud au Japon, et de délivrer en retour des bulletins d'alerte signalant l'arrivée imminente d'un tsunami. Un deuxième centre, basé à Palmer, en Alaska, le West Coast & Alaska Tsunami Warning Center (WC-ATWC), joue exactement le même rôle, mais s'adresse aux régions de la côte Ouest des Etats-Unis et du Canada.
La Polynésie française est dotée de trois stations de surveillance sismique (laboratoire de Géophysique) situées à Tahiti ainsi que dans les archipels des Australes et des Marquises. Ce laboratoire surveille l'activité sismique de l'ensemble de la Polynésie française grâce à une dizaine de stations sismiques réparties dans les cinq archipels.
Lorsqu'un séisme est détecté dans le Pacifique, et à partir de la magnitude 7, les autorités sont informées et déclenchent une alerte si nécessaire. La Polynésie française a mis en place depuis 2002, grâce au haut commissariat, un système de prévention des tsunamis.

Comment est provoqué un tsunami ?

Concrètement, les clignotants des appareils de surveillance s'allument dès qu'un tremblement de terre sous-marin d'une magnitude supérieure à 6,5 est détecté en un point quelconque de l'océan Pacifique. A ce niveau, l'énergie dégagée par la rupture des plaques tectoniques est, en effet, suffisante pour provoquer le déplacement brutal de masses d'eau colossales. A la surface de la mer, ce déplacement génère des vagues concentriques extrêmement rapides se déployant dans toutes les directions qui vont déferler à l'approche des côtes provoquant des raz-de-marée. Une fois la vague identifiée, il est très facile de prédire le moment de son arrivée sur les côtes situées sur sa trajectoire et d'alerter les autorités locales. Sa vitesse est en effet proportionnelle à la profondeur de la mer au-dessus de l'épicentre (1) et peut atteindre celle d'un avion, soit entre 700 et 850 km/h. Lorsque la distance à l'épicentre est de un ou plusieurs milliers de kilomètres, comme c'était le cas le en décembre dernier de l'Inde ou du Sri Lanka, le temps de réaction disponible se compte en heures.

(1) Dans ce genre de situation, le mur d'eau peut arriver en moins d'un quart d'heure, soit un délai bien trop court pour transmettre un bulletin d'alerte. Il convient donc de fuir dès les premiers signes avant-coureurs, tremblement de terre ou brusque retrait de la mer. Il s'agit exactement de la racine carrée du produit de l'accélération de pesanteur (g) par la profondeur de la mer. Si cette dernière est de 4 000 m, la vitesse de la vague sera de 200 m/s (pour g = 10), soit environ 720 km/h.

 
 
Des tsunamis à Tahiti par le passé

Au XVIIIe siècle, deux tsunamis venant d'Amérique du sud ont touché les îles polynésiennes. La Polynésie a également été victime d'un tsunami parti des îles Hawaii le 1er avril 1946. Les côtes de Tahiti furent alors submergées.
En 1960, un séisme au Chili de magnitude 9,4 a également engendré un tsunami de forte puissance qui a traversé le Pacifique. En 1964, un tsunami d'Alaska a dévasté la cote nord américaine. Celui-ci a aussi été ressenti à Tahiti et dans les îles.
Plus récemment, le 30 juillet 1995, et toujours provenant du Chili, un tsunami a engendré une vague de 4 mètres qui a touché les îles Marquises. En février 1996, puis juin 2001, du Pérou cette fois, des tsunamis de faible intensité ont frappé l'archipel des Marquises.

Les risques à venir

Les îles Tonga situées sur une plaque tectonique pourraient représenter un danger en cas de séisme de magnitude 8. Le tsunami dans ce cas mettrait deux heures pour frapper la Polynésie française. Pour les tsunamis venant du reste du Pacifique, leur temps de propagation serait de 8 à 12 heures.