vendredi 30 juillet 2010

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Tapa

Le tapa est un matériau à l'apparence de tissu obtenu à partir de l’écorce de certains arbres grâce au procédé du battage. Il servait autrefois à la confection de vêtements ou de couvertures. Outre sa fonction vestimentaire, le tapa avait un rôle social important. Lors d'un mariage le couple devait souiller de sang un grand tapa blanc, dont la partie tâchée était enterrée dans le marae. Il était aussi utilisé au cours de rituel religieux ou funéraire. Le tapa était associé aux cadeaux et aux échanges. Il était un symbole de richesse.
Il existe sur le marché trois teintes naturelles de tapa. Cette différence de couleur est fonction du bois choisi. L’arbre à pain (maiore) donne un tapa beige. Le mûrier ou rosier de Chine (aute) permet d’obtenir un tapa blanc. La racine de banian (ora) lui donne une teinte marron.

La confection du tapa

La confection du tapa est une affaire de femmes, la part des hommes se fait antérieurement. Les hommes coupent les écorces de différents arbres (maiore, aute ou ora). Les femmes prennent la suite des opérations. Elles laissent tremper 2 ou 3 jours les paquets d'écorces dans un ruisseau pour les assouplir davantage. Puis l'écorce est grattée avec un coquillage pour ne conserver que le liber (la fibre). Les femmes séparent l'écorce de la partie verte qui sont ensuite placées les unes sur les autres sur une enclume faite d'un tronc d'arbre dur ou sur un caillou et le martèlement commence.
Le battoir appelé "ike", de section carré, présente quatre faces gravées sur lesquelles le nombre et la finesse des rainures augmentent. Les femmes utilisent cet outil en observant les effets de chacune des faces, et améliorent ainsi leur travail. L'écorce devenue presque pâteuse, peut devenir très mince ou peut être redoublée de plusieurs autres couches pour obtenir un tapa épais. Ce travail est rythmé et accompagné de chants cadencés.
Une fois l’opération achevée, l’artisan obtient un tapa qu’il séchera. Il pourra ensuite y peindre des motifs figuratifs à l’encre noire ou l’immerger totalement dans une teinture. L’artisan pourra aussi imprimer des motifs au moyen de fougères et d’autres feuilles, ou à l’aide de bambous gravés. Enfin il pourra brunir le tapa par exposition à la fumée.

L'arrivée des missionnaires européens

À l'arrivée des premiers missionnaires européens, le tapa a perdu de sa souplesse et de sa finesse car les missionnaires ont introduit le tissu en Polynésie. Depuis, le tapa est devenu un élément décoratif ornant les murs des salons.

Aujourd'hui, on peut trouver du tapa essentiellement aux Marquises. Il est rare de voir encore dans le reste des archipels la confection du tapa. C'est un savoir faire de la culture polynésienne qui se perd.