vendredi 30 juillet 2010

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Surf : un mode de vie

Considéré par beaucoup comme plus qu'un sport, le surf est aujourd'hui un véritable mode de vie, une raison d'exister pour certains. Les marchands d'accessoires en tout genre ne sont pas les derniers à s'en être rendu compte. Mais au delà du paraître, il y a tout un monde avec son langage, son éthique et sa philosophie. La communion avec les éléments naturels et la dextérité qu'implique cet "art de vivre" constitue une des activités favorites des jeunes Polynésiens d'aujourd'hui. Derrière ces images spectaculaires que l'on peut voir dans des magazines spécialisés, se cache tout un univers. Ceux qui le font vivre sont bien sûr ceux qui "s'éclatent" sur les vagues, mais ce sont aussi les shapers qui confectionnent les planches.

Qu'est ce que le "shape" ?

Le shape est en fait l'art et la manière de confectionner une planche de surf. Les "shapers" taillent à la main dans l'ombre de leurs ateliers, ces objets avec lesquels d'autres pourront faire des figures de style spectaculaires. En tout et pour tout, ils sont huit sur le territoire à être répertoriés comme fabricants de planches de surf. Bien souvent ce sont de grands surfers, eux même, et vivent ce métier avec passion.

La confection : un travail de spécialiste

Qu'elles viennent des États-Unis, de Nouvelle-Zélande ou encore d'Australie, les matières premières sont toutes importées. On fait d'abord venir un pain en polyuréthanne déjà moulé. Un des exercices le plus difficile est de le tailler. La forme qu'on donnera à la planche sera modelée selon le poids et la taille de l'utilisateur. Ces pains en polyuréthanne sont choisis par nos artisans locaux en fonction du type de planche dans lequel ils sont spécialisés. Certains taillent des planches pour des débutants et préfèrent faire venir des pains plus solides et plus lourds. D'autres, spécialisés dans la confection de planches pour l'élite, seront plus attirés par une qualité plus légère mais moins solide. Tout cela dépend en fait de la densité du matériel utilisé.
Les shapers sont en général de véritables artisans de proximité qui discutent avec les jeunes surfeurs. Ils les conseillent sur le type de planche qu'ils devront acquérir en fonction des vagues qu'ils préfèrent. Ils taillent ainsi des planches qui sont à leurs mesures. Chaque surf est donc unique. Une fois que la planche a la forme souhaitée, on place d'éventuelles décorations. L'étape suivante est le toilage : on recouvre ce qui va devenir le surf par une ou deux toiles en fibre de verre. Une fois encore intervient le choix du client : si celui-ci veut une planche légère, on se contentera d'une toile, s'il préfère qu'elle soit plus solide on en place deux. En général, on en a deux au dessus et une en dessous. Chaque shaper a son style et sa façon de travailler, ses petits secrets de fabrications qui peuvent faire la différence.

La pratique du surf

En Polynésie, les clubs de surf sont concentrés sur l'île de Tahiti. Mais le surf est pratiqué en général en Polynésie plus comme un loisir que comme un véritable sport de compétition. Un peu partout sur les îles on trouvera de superbes endroits où surfer : Huahine, Moorea, Tuamotu etc. Mais attention aux débutants et à ceux qui arrivent en touristes, il y a quelques endroits qui sont réputés "chasse gardée" (Huahine en particulier) où on n'est pas forcément bien accueilli si l'on débarque sans prévenir. Mais ceux qui connaissent un peu la Polynésie savent qu'il y a toujours une façon de se faire accepter (par exemple en se faisant connaître des familles ou peut être même tout simplement en discutant un peu avec les jeunes surfers du coin).
Pour ce qui est de Tahiti, l'endroit le plus facile pour débuter c'est bien sûr toute la côte Est. Là, il y a vraiment de la place pour tout le monde. Mais il y a des saisons et vous ne pourrez pas aller surfer tous les jours, il faut savoir guetter la houle. Entre avril et septembre, c'est la côte Ouest avec les spots de Taapuna, Papara, Paea (Sapinus) etc., qui pourront vous donner du plaisir puisque les vagues sont grossies par une houle de Sud-Sud-Ouest. D’octobre à mars, c'est la côte Est avec les plages d'Arue, de la pointe Vénus de Papenoo jusqu'à Farue qui fera le régale des surfers grâce à une houle du Nord.
On remarque finalement que ce sport peut être pratiqué presque à tous les âges. Mais, bien sûr les plus jeunes sont plus nombreux et c'est entre 15 et 25 ans que l'on trouve la majorité des amateurs de glisse. Avec 200 à 300 licenciés, la Polynésie doit bien compter 4 000 adeptes qui pratiquent cette discipline comme un loisir.

Un concurrent direct au surf : le boogie

Le boogie ou, body board, est une sorte de demi planche de surf de plus en plus prisée par les jeunes. Un certain nombre de vendeurs spécialisés en la matière vous diront que le véritable boom du surf a eu lieu, il y a 10 ans et qu'aujourd'hui c'est le tour du boogie. Il faut dire que cette petite planche a plusieurs avantages indéniables. Tout d'abord, on peut s'en servir dès l'âge de 5 ou 6 ans, ensuite un body board est beaucoup moins cher qu'une planche de surf. En plus de ces avantages pratiques, il faut savoir que c'est une discipline facile à pratiquer lorsque l'on débute. Bien sûr, le body board a aussi des inconvénients puisque contrairement au surf, on ne peut se mettre debout dessus, et les figures, aux regards de certains, sont moins spectaculaires. Les surfeurs de leur côté préfèrent généralement snober les body boarders, considérés comme des glisseurs sans noblesse.

Adresse utile :
www.surf.pf : Fédération tahitienne de surf