samedi 26 juillet 2008

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Sculpture

Les artisans d’aujourd’hui sont les héritiers d’une culture maohi qu’ils perpétuent à travers des gestes ancestraux d’une extrême habileté. Leur pouvoir créatif, ancré dans la tradition, la variété de leur production, illustrent la vitalité de la société polynésienne. Les outils maniés par les artisans pour travailler les matériaux ont changé. Les ciseaux, les limes, les scies, ont remplacé les herminettes en pierre taillée ou en corail et les dents de requins. Mais les méthodes et techniques restent les mêmes. C’est bien la preuve que l’artisanat polynésien a su conserver son authenticité.


Les objets sculptés

L’archipel des Iles Marquises est le berceau de la sculpture maohi. Les objets se caractérisent par la richesse et la finesse de leurs motifs. Inspirés du passé, les artisans reproduisent aussi fidèlement que possible les objets de nos ancêtres. Ils sculptent des tiki, ces figurines sacrées présentes sur les lieux de culte, des tambours (toere, faatete et pahu), des ukulele et des umete. Ils ont aussi pour modèle des armes de guerres (lances, boucliers, casse-tête), des pirogues et des pagaies. Les artisans gravent les façades de meubles et taillent des tabourets dans des troncs de tamanu. Autrefois les plus beaux sièges, réservés aux chefs, étaient réalisés aux Iles Australes, un archipel également réputé pour la finesse de sa sculpture.

Les troncs utilisés

Outre le tamanu, le bois de miro (bois de rose) est utilisé par les artisans pour son essence d’une grande beauté. Exploité à outrance, sans contrôle, cette espèce est hélas en voie de disparition. C’est pourquoi aujourd’hui on se tourne vers le maru maru, un arbre très présent à Tahiti. Le mara, un bois de couleur jaune, est apprécié pour la conception des tambours. Enfin le cocotier est exploité pour ses noix qui servent à la fabrication de nombreux petits objets décoratifs. Précisons que quelques rares sculpteurs travaillent la pierre pour réaliser essentiellement des tiki, et que d’autres travaillent l’os pour fabriquer notamment des bijoux et des objets comme des coupe-papier ou des pics à cheveux.

Autrefois la sculpture était sacrée, guerrière ou participait à la vie quotidienne. De ce passé traditionnel, a resurgi depuis quelques décennies une sculpture désormais décorative, mais qui n'a perdu ni la force, ni l'authenticité de son ancêtre.