vendredi 30 juillet 2010

logo

design

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z  
Accueil > État > Réformes de la fiscalité
Santal (ahi)

Il existe en Polynésie 3 sortes de santal, provenant respectivement de Tahiti, des Marquises et de Rapa (Hawaii en comporte 8 espèces). Ces arbustes sont rares ; on les trouve dans des ravins presque inaccessibles et sur des flancs de montagne escarpés. Pour se nourrir en partie, le santal parasite les arbres voisins, ce qui explique qu’il est impossible de transplanter un jeune pied. Les Polynésiens pratiquaient une large entaille sur le tronc d’un jeune santal (à 1 mètre de sol) pour ralentir son développement et favoriser la formation des parties odorantes du bois. Avant l’arrivée des Européens, le santal était très abondant dans toutes les îles d’Océanie, du Vanuatu aux marquises. Les Polynésiens s’en servaient pour réaliser un monoi très recherché appelé monoi ahi (huhe aux Marquises). Ce monoi servait à oindre le corps des malades. La fumée obtenue en brûlant le bois avait le pouvoir de chasser les mauvais esprits ; elle était aussi un remède aux otites. Le santal a longtemps servit aux peuples d’ Extrême-Orient (surtout à la Chine) pour réaliser des petits meubles. Les copeaux sont brûlés dans les temples, au cours de cérémonies religieuses. Après l’arrivée de Cook et Bougainville, la nouvelle se répandit que l’on trouvait du bois de santal de qualité dans les îles des Mers du Sud. Les îles furent pillées par de trafiquants contre de l’alcool ou des armes à feu. Vers 1850, il ne restait quasiment plus de pied de santal aux Marquises, aux îles de la Société, comme à Hawaii. Le repeuplement du santal est depuis cette époque extrêmement lent, sa culture quasiment impossible, ce qui en fait un bois précieux.

Huile et essence de santal

Cette huile a des propriétés thérapeutiques indéniables. Elle est volatile, extraite par distillation. L’essence de santal a une couleur jaune, elle est très parfumée ; c’est un antiseptique génito-urinaire et pulmonaire.

Bibliographie :
- “Plantes utiles de Polynésie – Raau Tahiti” – Paul pétard – Editions Haere Po

Les différentes espèces

Les tahitiens distinguent deux variétés de santal : - le santal jaune : ahi marea - le santal rouge : ahi ute La différence est que le santal rouge donne un bois plus dur et plus odorant.

Les Marquisiens, quant à eux, séparaient les santals en quatre groupes : - PUAHI : fleur blanche. Écorce gris noir. Aubier (partie jeune du tronc ou d’une branche située sous l’écorce) blanc et dur. Cœur rouge brun très aromatisé. - PUAHI KUA : fleurs vertes très parfumées. Bois léger rouge brun au centre. - PUAHI FITI : écorce épaisse brune. Aubier blanc et dur. Cœur jaune très dur. - PUAHI AVAAVA : semblable au PUAHA FITI mais plus odorant.

Usage du santal

Les Polynésiens utilisaient le santal pour préparer une huile de coco parfumé de santal appelée monoi ahi (à Tahiti) et huhe (aux Marquises). Ce monoi servait à enduire le corps des malades ou à embaumer les cadavres. En outre, le monoi ahi mélangé avec des feuilles de tou (cordia subcordata) finement broyées, était employé comme remède contre l’otite. Après que le liquide ait été légèrement chauffé, les Polynésiens mettaient quelques gouttes dans l’oreille malade, 3 à 4 fois par jour jusqu’à ce que la douleur disparaisse. De plus, la fumée qui était obtenue en brûlant le bois de santal avait le pouvoir de chasser les mauvais esprits.

Voir aussi : monoi