Plus rares dans l’archipel de la Société, on rencontre à coup sûr les requins dans les atolls des Tuamotu (alors qu’ils se font rares dans beaucoup de mers de la planète). Là, visibles ou non, ils sont toujours omniprésents. Deux espèces sont communes dans les lagons : le requin à pointe blanche du lagon et le requin à pointe noire. Ils sont inoffensifs s’ils ne sont pas provoqués. Rencontré dans les passes ou sur le versant océanique, le requin gris de récif est curieux, vif et téméraire. En sa présence, il convient de s’abstenir de chasser.
Shark feeding, pour ou contre ?
Proposée par quelques centres de plongée (notamment à Moorea), le shark feeding, activité de nourrissage des requins encadrée par des moniteurs, offre aux amateurs de sensations un face à face inoubliable avec les squales. Mais cette attraction sous-marine suscite des polémiques. Certains l’estiment contre-nature et s’opposent à ces séances de « cirque ». D’autres soulignent qu’elle conditionne le comportement des poissons et des requins, qui affluent à la recherche de nourriture dès que l’homme est présent. Une agressivité anormale de la part d’animaux habitués à être nourris a été rapportée, et ces familiarités ne sont pas appréciées des chasseurs sous-marins qui pratiquent leur pêche sur les mêmes terrains que ceux du shark feeding. Enfin, même si aucun accident n’est à déplorer, l’imprévisibilité des requins fait que le danger n’est pas totalement absent de ces plongées à grand spectacle.
Le shark feeding fait partie des problèmes que le PGEM (Plan de Gestion de l’Espace Maritime) de Moorea s’attache à résoudre : puisque toutes les activités ne peuvent pas être faites partout, une réglementation de l’utilisation, voire un partage, de l’espace, s’avère nécessaire.
Conflits latents entre pêcheurs et plongeurs
En 2003, une recrudescence de la commercialisation des ailerons de requins à destination de l’Asie (et le massacre en résultant) a projeté les requins-victimes sur le devant de la scène. Prisés des plongeurs, les requins sont assurément un des atouts touristiques de la Polynésie. On connaît par contre moins leur rôle écologique essentiel dans la régulation de la chaîne alimentaire et donc dans l’équilibre naturel des ressources marines qui intéressent la pêche.
Il n’est donc dans l’intérêt de personne de voir chuter les populations de requins, et leur protection, qui passe par l’interdiction de la commercialisation des ailerons, est indispensable pour l’avenir économique du Territoire. Parce qu’elle préserve les intérêts de tous à long terme, cette nouvelle réglementation permettra sans doute d’éviter les blocages. Information et sensibilisation pourraient même inciter les plus réticents (les pêcheurs tentés par le commerce des ailerons) à se ranger aux côtés des défenseurs des requins.
Pour en savoir plus sur les 17 espèces de requins recensées en Polynésie, consulter les sites :
http://sharks3.free.fr/
http://www.fredshark.net/ ce site propose une bibliographie détaillée (FR/ANG). |