lundi 08 février 2010

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Perliculture

Depuis le milieu des années 1980, l’activité perlicole a connu une importante progression et elle est devenue la première exportation du territoire. Elle concerne essentiellement les Tuamotu-Gambier, De 1970 à 1996, 4728 concessions maritimes ont été accordées, dont 1274 pour la seule année 1992, contribuant ainsi au “boom” de la production constatée ces dernières années. Mais l’augmentation du nombre de fermes perlières a entraîné des problèmes sanitaires dans certains lagons ce qui a conduit le Territoire à limiter les octrois de concessions. La production des 3 principales entreprises perlicoles est largement prépondérante : leur part de marché est estimée entre 60 et 70 % de la production totale de perles

Les exportations

Le volume des exportations a connu une croissance continue dans les années 90 (+51% en 1995, +25% en 1996 ) . La valeur des exportations a atteint en 1996 14,45 milliards de F cfp.14,53 milliards de Fcfp en 1997, 14,46 milliards de Fcfp en 1998, 17,10 milliards de Fcfp en 1999 et 20,07 milliards de Fcfp en 2000.
En 2001, une baisse de 29,1 % des exportations de perles brutes (à 14,24 milliards de Fcfp) a fait retomber celles-ci au niveau de 1996. Quant à 2002, les exportations ont été stables (14,72 milliards de Fcfp).
2004 a marqué le retour de la confiance des investisseurs, grâce aux mesures de contrôle de la production et du négoce. Quant au positionnement marketing de la perle de culture de Tahiti, il semble évident que l'image de produit de luxe n'est plus adaptée. Alors que la crise mondiale atteint le secteur du luxe, un nouveau positionnement apparaît, celui du "luxe accessible".
Des signes inquiétants ont conduit le gouvernement à adopter une série de mesures visant à redorer le blason de ce secteur, deuxième ressource du Territoire (10,2 milliards de Fcfp en 2003, derrière le tourisme). Le signe plus alarmant est la chute du prix moyen au gramme de la perle brute à son plancher historique de 1 000 Fcfp fin décembre 2003 contre 2 385 Fcfp en 1998.
Comme le précisait un communiqué du service de la perliculture en juillet 2001: «Le gouvernement a pris la mesure de l’importance qualitative de la production de la perle de culture de Tahiti. Cette qualité est le garant des cours sur le marché mondial mais également de la confiance que les acheteurs étrangers ont jusqu’à aujourd’hui placée dans un produit dont le développement est essentiel dans l’économie polynésienne.»
Ces mesures de contrôle de la production et de la commercialisation, s’ajoutant à la structuration d’un secteur longtemps dominé par l’anarchie (production exponentielle, dégradation de la qualité, ventes à la sauvette), ont permis, selon les professionnels du secteur de commencer à reconquérir la confiance des réseaux de distribution. Ainsi, les cours ont augmenté de 15% au premier trimestre 2004.

Exportations : le contrôle se durcit

Le 12 juillet 2001, l’assemblée de la Polynésie française adoptait une délibération fixant les règles de classification et de commercialisation ainsi que les formalités d’exportation de la perle de culture de Tahiti. Le 1er août 2001 a également marqué un tournant important. En effet, les exportateurs, négociants ou perliculteurs, se voient depuis dans l’obligation de présenter les perles destinées à l’exportation au service de la perliculture. Celui-ci délivre un «certificat de qualité d’exportation», scelle les lots et retient les rebuts qui seront détruits.
Parallèlement a été instauré le contrôle systématique des bagages à main des passagers à l’aéroport de Tahiti-Faa’a afin de vérifier la déclaration en douane de toutes les perles exportées.
Des critères de sélection plus stricts
Alors que la délibération de 1998 ne considérait que trois critères de base - la taille, la forme et la qualité des perles - les nouvelles normes de classification prennent également en compte le lustre et la couleur. La couche de nacre, qui n’était auparavant pas retenue comme critère de sélection devient désormais une nouvelle norme de qualité, afin de lutter contre la commercialisation de perles trop précoces. Le minimum d'épaisseur de nacre exigé a été fixé a 0.6 mm depuis le 1er septembre 2001, puis a été relevé à 0.8 mm depuis juillet 2002
Le secteur du négoce a aussi été marqué par des efforts de réglementation en matière d’importation de perles aux fins de limiter la concurrence de perles étrangères, notamment des imitations de la perle de culture de Tahiti, sur le marché local touristique.
Depuis octobre 2001 et pendant une durée d’un an, a été décrété par le gouvernement le gel de l’octroi de toute concession maritime dans le but de limiter la production. D’autres mesures ont suivi, visant le contrôle et la professionnalisation de la chaîne de production: l’assemblée de la Polynésie Française a fixé en mars 2002 les conditions de la production d’huîtres ainsi que celles de la production de perles de culture: ces activités sont soumises à l’obtention de l’autorisation d’occupation du domaine public maritime à des fins perlicoles (un hectare minimum pour les producteurs de perles) et à celle d’une carte de producteur (disposition applicable à partir du 1er janvier 2004) remise par le service de la perliculture aux personnes physiques et morales justifiant d’une aptitude professionnelle dispensée par un organisme agréé (attestation de stage du CMNP ou de formation sanctionnée par un examen organisé par le service de la perliculture et corrigé par la commission consultative de la perliculture) et d’un équipement minimal nécessaire à ces activités (défini par arrêtés en 2003).

Le marché mondial

Les principaux marchés mondiaux de la perle brute sont le Japon, Hong Kong et les États-Unis, les deux premiers étant aussi des plaques tournantes dans le réseau mondial de distribution perlière ; ce sont aussi les principaux débouchés de la perle de culture de Tahiti, avec en valeur 45,2 % pour le Japon, 30,6 % pour Hong Kong et 5,1 % pour les États-Unis.
Le maintien de la place de leader de la Polynésie française sur le marché mondial de la perle brute, le retour de la confiance des distributeurs, devant les efforts de contrôle de la production et du négoce, sont des facteurs encourageants, mais le pari reste la poursuite de la conquête du réseau de distribution : au niveau des détaillants, celle-ci est multiproduits, et la perle représente en moyenne 0,1 % de la surface des bijouteries
C’est la direction que prend le GIE Perles de Tahiti, financé par la taxe à l’exportation et subventions du Territoire, même si son budget se voit diminuer (du fait de la baisse des exportations) ; de 858 M Fcfp en 2003, il passe à une enveloppe de 648 M Fcfp pour 2004.
Le plan de sauvetage de la perle est en marche et son succès dépend à la fois de l'amélioration de la situation économique mondiale et de la remontée du cours, amorcée début 2004. Parallèlement, la stratégie de communication doit permettre de repositionner l'image de la perle de culture de Tahiti.

 

Les critères de qualité d’une perle

•  Le calibre : il varie de 8 à 18 mm, mais la majorité des perles produites se situent entre 9 et 12 mm.

•  La forme : la perle ronde parfaite est la plus recherchée, mais d’autres formes ont aussi leur charme telles que : la poire, la goutte, le bouton ou la baroque.

•  La couleur : Authentiquement naturelle, elle résulte de la présence de pigments et de la décomposition de la lumière à travers les fines couches perlières. La perle de Tahiti se caractérise par sa couleur grise à noire, et ses nuances : verts irisés dits « aile de mouche », aubergines, bleutées, rosées, ou mordorées.

•  Le lustre : il résulte de la densité avec laquelle la lumière se réfléchit à la surface de la perle, pour donner son éclat.

•  Les particularités de surface : elles se caractérisent par la présence d’irrégularités telles que : cercles, bosses, piqûres, rayures, tâches, dépôts organiques.

•  La valeur : elle résulte de la combinaison de tous ces critères, les perles les plus prisées étant les perles de gros diamètre, parfaitement rondes, de couleur vert aile de mouche, d’un lustre parfait, sans aucune irrégularité de surface.