vendredi 30 juillet 2010

logo

design

A  B  C  D  E  F  G  H  I  J  K  L  M  N  O  P  Q  R  S  T  U  V  W  X  Y  Z  
Accueil > État > Réformes de la fiscalité


Pêche en Polynésie

En 1989, un programme pour le développement d’une flotille de pêche à caractère semi-industriel a été défini par le Territoire et l’État, comprenant une série de mesures et d’actions incitatives, par l’octroi d’aides financières, notamment à l’acquisition et à l’exploitation de navires de pêche. La recherche appliquée, la formation aux techniques modernes de pêche, l’organisation des circuits de commercialisation et la connaissance des marchés extérieurs en sont les principaux points d’application.
En 1998, le développement de la pêche en Polynésie n’est plus seulement un objectif mais une réalité. Les prévisions des services territoriaux estiment une production globale de près de 7 000 tonnes de poissons du large dont 5 500 tonnes pour la pêche qualifiée de hauturière. En 1990, ces chiffres n'étaient que de 350 tonnes. Le thon polynésien commence à se faire connaître sur les marchés étrangers, l’Europe et les USA constituant les principaux débouchés.

Du bonitier au poti marara

Le développement d’un mode de vie urbain, à Papeete d’abord puis dans les îles, a nécessité la création d’un nouveau type de pêche et surtout d’un nouveau type de navire pouvant pêcher dans les eaux côtières. Ce fut l’apparition du bonitier, petit navire qui tient son nom du type de poisson recherché, la bonite. Mais l’augmentation du prix du carburant, la raréfaction du thon dans les eaux côtières ont entraîné ensuite la désaffection du bonitier traditionnel dont des flottes importantes se sont quand mêmes maintenues aux îles Sous-le-Vent. Certains ont été reconvertis en palangriers et munis de treuil pour la longue ligne.
Un autre type de navire de pêche côtière, le poti marara, s’est imposé progressivement. Ces petites embarcations, destinées à la pêche de nuit aux poissons volants (marara), sont devenues de véritables navires de mer, équipés d’un moteur diésel interne puissant et d’une glacière pour conserver le poisson. Comme les bonitiers pratiquant une pêche à la journée, ils chassent le thon, le mahi-mahi et les différentes variétés d’espadon. Bien implantés dans les districts périphériques et dans les îles de la Société, les poti marara participent tout autant que les bonitiers à l’effort de pêche territoriale.

De nombreuses subventions ont contribué à l’augmentation et à la modernisation de la flotte de bateaux de pêche traditionnelle et des équipements pour les pêcheurs tels que les chambres froides ou les machines à glace. En 1997, le Service de la Mer recensait environ 90 bonitiers et 200 poti marara.

Les thoniers palangriers

Parmi la cinquantaine unités en service, qui constituent la flotte hauturière polynésienne, 40 de ces unités sont des thoniers de taille moyenne, munis d'installations pour la pêche à la palangre mono filament et d’installations de congélation ou de conservation du poisson sur glace. Ils pêchent dans la zone économique des 200 milles de Polynésie française en effectuant des campagnes de pêche variant de 6 à 15 jours. Bien équipés, robustes, servis par un équipage de 3 à 6 personnes selon la taille du navire, ils constituent le gros de la flottille de pêche.
Pratiquant uniquement la pêche à la longue ligne, ils rapportent les produits de leur campagne essentiellement au Port de pêche de Papeete.

Les thoniers congélateurs

Ce sont les poids lourds de la pêche locale. D’une taille de 25 mètres, les prochaines unités seront de 26 mètres. D’un déplacement de 180 à 200 tonnes en charge, les premières de ces unités construites à Concarneau sont entrées en service en 1990. Très bien équipés pour la palangre, la pêche à la traîne du germon, munis d’un tunnel de congélation de viviers et de vastes cales à poisson (70m3), ces thoniers ont une grande autonomie et peuvent aller pêcher en dehors de la zone économique, en particulier dans la zone sub-tropicale ou au nord-est des Marquises ainsi que dans les Quarantièmes, à la poursuite du thon germon. Cette flotte comporte une douzaine d’unités.

Les marchés et les filières pêche

La consommation locale dépasse les 3 500 tonnes par an, sans compter la pêche lagonaire qui représente 4 000 tonnes dont 1 000 tonnes de poissons transportés des Tuamotu à Papeete par des petits caboteurs. La pêche locale a donc dû se tourner vers l’exportation pour écouler le surplus de production. En 1997, la Polynésie a exporté 350 tonnes de poissons principalement du thon frais vers les marchés asiatiques. Les difficultés de ce type d’exportation ont poussé les sociétés locales à trouver une autre voie. Et c’est maintenant vers le poisson congelé, le plus souvent mis en filets (longes de thon) directement fabriqué et congelé à bord des navires, que se sont tournés les armateurs locaux.

Le Port de pêche de Papeete

À l’exception des quais pour les bonitiers du centre ville et d’un ouvrage portuaire vétuste à Motu Uta, utilisé surtout par les navires asiatiques venant débarquer leurs poissons à Papeete, le Port de Papeete n’offrait aux pêcheurs aucune installation spécialisée. D’où l’idée de créer un véritable port de pêche, idée qui a vu le jour en 1985, et qui a fait l’objet de nombreuses études. Le site de Fare Ute dans le nord de la zone industrielle de Papeete, a été retenu en raison de la proximité de la ville et d’une passe d’accès, la passe du Taaone, large et sûre. Un premier ouvrage d’accostage long de 150 m a été terminé en 1992, puis complété par un ensemble de lignes de pontons flottants entre 1993 et 1995 permettant à la totalité des navires de haute mer de trouver des installations d’accostage. La tour à glace a été mise en service en 1994, ainsi que le Marché d’Intérêt Territorial (MIT) dont le centre de gravité reste le hall de criée, le tout étant géré par la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers (CCISM). Les trois partenaires intéressés par le secteur de la pêche, à savoir le Port Autonome, le Territoire et la CCISM, ont uni leurs efforts pour établir un projet cohérent de port de pêche et une mise en œuvre adaptée au besoin de la profession.

La criée

Inspirée du principe de la criée des ports de pêche métropolitains, c’est une véritable vente aux enchères des prises qui ont lieu chaque matin en semaine. Les acheteurs sont les marayeurs qui pratiquent la vente en gros du poisson et les négociants qui se tournent vers l’export.

 

Pêche aux cailloux

Cette technique ancestrale de pêche (Tautai Taora) est devenue un spectacle folklorique organisé par les associations de pêcheurs à l'occasion de certaines manifestations. Sous la supervision d'un chef, les pirogues forment un immense demi-cercle. Le son des pu (coquillages) annoncent le début de la pêche et les piroguiers commencent à frapper l'eau en rythme avec une pierre reliée à une corde, se rapprochant petit à petit du rivage. Les cris des participants ponctuent les coups de pierres. Les poissons effrayés se dirigent vers le rivage où d'autres pêcheurs les attendent munis de filet de palmes de cocotiers et de feuilles de pandanus. Les poissons sont alors choisis puis harponnés.