samedi 26 juillet 2008

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Monoi
 

Le monoï qui signifie en Reo Maohi “ huile parfumée ” a incontestablement marqué la culture polynésienne. La recette était simple. Il suffisait de laisser macérer les pétales de tiare dans l’huile de coco non filtrée. L’huile parfumée était alors utilisée pour les rites religieux et la médecine traditionnelle. Mais déjà, il prenait place parmi les cosmétiques. A la naissance, les bébés étaient enduits de monoï. Un rituel qui les protégeait contre la déshydratation et les piqûres de moustiques.


Une princesse nommée Tiare

Par tradition, chaque Polynésien possède un pied de tiare. La petite fleur “ tiare Tahiti ” du nom tahitien “ gardénia tahitensis ” belle comme une étoile et d’une blancheur immaculée, n’a pas seulement pour utilisation la confection des couronnes. Elle est à la base de la fabrication du monoï. Aujourd’hui encore à Tahiti, la fabrication du monoï c’est une affaire de famille et de tradition. Le tiare doit être cueilli très tôt le matin. Les petits pétales sécheront ensuite au soleil dans une bassine d’inox. Puis ils macèrent quelques jours avec du lait de coco germé. Quand l’huile commence à noircir on couvre la bassine et on laisse le monoï se faire.
Dernière étape : filtrer l’huile. Une belle huile blonde qui sera utilisée pour le corps, les cheveux (il parait que cela les fait pousser plus vite). Le monoï sera aussi le produit solaire, l’anti-moustique calmant. Une cinquantaine de producteurs ont décidé d’en faire une profession. Unis par une même idée : le monoï à l’exportation. Depuis quelques années la profession s’organise avec la mise en place de parcelles de multiplication. Depuis quatre ans on joue carrément dans la cour des grands. Une parcelle fait l’objet d’observations : saison de production, problèmes de floraison, maladies, etc. Plus de 200 personnes voudraient s’installer. Au service du développement rural, on multiplie les efforts : rencontre avec les futurs professionnels, conseils, etc. Le tiare c’est : 60 millions de fleurs à l’année et 65% de la production pour le monoï.

Le cocotier, l’arbre princier de Polynésie est sans doute celui qui a permis aux premiers Polynésiens d’assurer leur subsistance. A l’époque son eau les désaltérait, aujourd’hui il offre aussi ses fruits pour la fabrication du monoï. On récolte ainsi toutes les noix de coco de Polynésie. Fendues en deux, elles sont exposées aux rayons du soleil pour faciliter l’extraction de leur chair. Brisés en petits morceaux, les fragments sont ensuite mis sur des séchoirs à coprah. Les morceaux de noix séchés sont finalement placés dans des sacs et acheminés vers l’unique huilerie située à Tahiti. Broyés en une farine très fine et chauffés à 125° puis pressés, ils fourniront l’huile de coprah brute, dite huile de première pression. 5% de cette production, environ 300 tonnes seront de nouveau affinées pour obtenir une huile raffinée de très grande qualité, conforme aux normes du marché international.

Le monoï : une appellation d’origine

Le monoï a donc voyagé au fil des ans, sans prendre une ride et jouit aujourd’hui d’une solide réputation. En 1992, il a atteint ses lettres de noblesse. L’huile parfumée est exportée depuis 1942, et sur la France depuis 1970. En 1987, la profession s’organise. Les sept fabriquants créent le groupement interprofessionnel du monoï de Tahiti (GIMT) sous la houlette de son président Antoine Srkala. De 1987 à 1992, fabriquants et politiques se serrent les coudes pour obtenir l’appellation d’origine, qu’ils obtiendront le 1er avril 1992. Pour la petite histoire, rappelons qu’Edith Cresson, Premier ministre à l’époque, avait signé le décret la veille de sa démission. Les lettres de noblesse en poche, chacun a pu s’attaquer à la fraude. Le logo est en effet le garant absolu de la qualité du monoï de Tahiti sur le marché international. Il rappelle son authenticité et son savoir-faire traditionnel. En effet, le produit sait utiliser au mieux les ressources que lui offre la Polynésie. C’est spécifiquement au stade de boutons prêts à s’ouvrir que les fleurs de tiare sont cueillies et mélangées, au plus tard le lendemain de leur récolte avec de l’huile de coprah raffinée dans laquelle elles macéreront pendant une bonne dizaine de jours. Selon des normes très strictes, un minimum de dix fleurs par litre d’huile de coco doit être utilisé. C’est pendant cette extraction douce et naturelle, plus connue sous le nom d’enfleurage, que ces douces petites fleurs vont donner à tout jamais leur senteur légendaire à l’huile raffinée. Si l’appellation d’origine protège le monoï en lui rendant ses vertus légendaires, il n’en reste pas moins que la petite bouteille se vend moins bien depuis 1996 (30% de moins à l’exportation). Et pourtant en métropole, principal client, le monoï plaît toujours autant. Seulement depuis quelques années et à chaque veille d’été les méfaits du soleil sont exposés. Attention danger ou bronzage intelligent. Le GIMT a reçu le message 5 sur 5. Il a très vite su s’adapter : moins de monoï, plus de filtre de protection solaire. Et puis le monoï se diversifie en soins pour le corps ou la chevelure. Il se fait une place parmi les grands produits de cosmétique.

Voir aussi : santal