vendredi 30 juillet 2010

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La médecine traditionnelle

Le peu d'information que nous avons sur la médecine polynésienne, avant l'arrivée du christianisme, nous a été transmis par les écrits des premiers navigateurs. Auparavant, chaque district du peuple polynésien comptait un ou plusieurs tahu'a (prêtres polynésiens).
Jusque dans les années 1930, la plupart des Polynésiens se méfiaient de la médecine européenne. La population préférait se remettre entièrement à la médecine traditionnelle. Les tahu'a utilisaient deux grandes techniques : le ra'au tahiti (médicaments) et taurumi (massages). Les ra'au tahiti, tels que les potions, nettoient l'organisme alors que le massage soigne.

 

 

Le ra'au tahiti (médicament polynésien)

Le ra'au tahiti est préparé par le tahu'a qui utilise différents ingrédients. Il emploit fréquemment des plantes végétales comme des plantes herbacées (fougères, monocotylédones, …), des arbustes (fleurs de tahiti, hibiscus, …) et des arbres (arbres à pain, banian…). Ces médicaments ont un usage interne et externe. Pour ces deux types d'usage, la préparation et le mode d'administration n'est pas le même.

L'usage interne

Les médicaments polynésiens sont composés d'eau de coco ou d'eau de source, de une ou plusieurs bases d'origines végétale, animale ou minérale et souvent un correctif servant à masquer le goût désagréable du remède. Pour cet usage, il y a quatre formes de médicaments : les potions, les sirops, les purgatifs et les lavements.

Les potions : c'est la forme pharmaceutique la plus courante.
Les potions sont préparées à froid ou à chaud.

La préparation à froid :

•  par simple mélange du suc végétal avec de l'eau de coco ou d'eau de source (appelé " véhicule) ;
•  par macération des plantes broyées dans un véhicule choisi, suivie d’une filtration

La préparation à chaud :

•  par infusion, c'est-à-dire qu'il faut verser de l'eau bouillante sur les plantes broyées et récupérer le liquide;
•  par digestion, c'est-à-dire qu'il faut chauffer ensemble les plantes broyées et le véhicule pendant 20 minutes à environ 50°C - 60°C;
•  par décoction, elle fonctionne comme la technique de digestion mais sa température de chauffage est de 100°C.

Les sirops : ce sont des potions sucrées qui s'obtiennent de deux manières :

•  en broyant une quantité de canne à sucre en même temps que les plantes;
•  en rajoutant du sucre roux à une potion déjà terminée.

Le problème des sirops c'est qu'ils fermentent vite donc il faut de préférence les boire dans un délai de 24h

Les purgatifs : ils se composent de plantes broyées, de la pulpe de ces plantes ou de lait de coco, de l'amidon et de l'huile de coco. Ces éléments sont traités par la chaleur.


Les lavements : ils se préparent comme les potions et s'administrent avec une canule ou une poire.

 

Le phénomène Noni (on dit également nono) :

Une société américaine, Morinda, possède et contrôle le processus entier de production d’un jus, le Tahitian noni® qui provient directement de la purée pure de fruit de noni, ou Morinda citrifolia.

Le site de morinda raconte qu’il y a sept ans (1993) une personne offrit une simple plante de la Polynésie française à deux scientifiques bien connus de l'alimentation, Stephen Story et John Wadsworth. Cette plante, connue des insulaires du Pacifique Sud sous le nom de noni, était destinée à devenir une importante découverte-santé des dernières décennies.

Le docteur américain Anne Hirazumi Kim, qui a fait sa thèse de doctorat sur les qualités anti-tumeur du noni, et travaillant avec la société Morinda, déclare : « Il a des effets merveilleux sur le système immunitaire sans aucune toxicité et est renforcé par les valeurs nutritionnelles d'autres ingrédients naturels. »

le site : http://www.noni-fruit.com

 

L'usage externe

Il est préparé, pour l'usage externe des liniments (baume d'huile), des inhalations (nez), des fumigations (toutes parties du corps) et bains de vapeur (ra'au vaipihapiha), des cataplasmes (papa), des gargarismes et bains de bouches (ra'au no te pupuvaha), des lotions, des frictions (ra'au taurumi), des collyres (ra'au topata no te mata) et des gouttes auriculaires (ra'au topata no te tari'a).

Le massage (taurumi)

Le massage est lié aux médicaments traditionnels. Le tahu'a préparait la friction pour le massage à l'aide de plantes. Il semblerait, que les masseurs d'autrefois, traitaient aussi bien le mal physique que spirituel. Cependant, à l'arrivée des missionnaires, les tahu'a (qui pratiquaient les massages) ont été décriés et dénoncés comme étant des sorciers. Par la suite, les techniques de massages traditionnelles ont failli disparaître néanmoins certains masseurs ont réussi a perpétué les techniques traditionnelles.

Bibliographie :
- « Plantes médicinales de Polynésie » Paul Pétard – Editions Haere Po
- « Mémoire de doctorat » de Simone Grand – Université de Polynésie française