| Nous ne savons pas exactement à quelle époque cet instrument de musique fît son apparition, nous savons cependant que les explorateurs (Cook, Bougainville,...) ramenaient toujours des objets du "fenua" vers leur pays d'origine.
Parmi ces objets, figuraient le "vivo" ou flûte nasale. Dans le triangle polynésien, elle est appelée "koauau" chez les maoris, "kuihu" chez les hawaiiens, "pu ihu" aux Marquises et "vivo" chez les tahitiens.
Une fabrication évolutive
Aux temps immémoriaux, la flûte nasale était taillée dans l'os humain (provenant des ennemis vaincus et tués à la guerre) ou dans le bois. Aujourd'hui elle est taillée dans le bambou. Pour sa fabrication, on n'utilise pas n'importe quel type de bambou, on privilégie ceux qui poussent dans des endroits secs et ventilés car ils sont plus durs et plus résistants. Aux temps anciens, on utilisait des coquillages tranchants pour couper le bambou, et une branche de l'arbre de fer (aito) préalablement chauffé (on posait le bout incandescent sur le bambou) pour faire les trous. Aujourd'hui, on utilise un sabre d'abattis ou une scie pour couper le bambou et une perceuse électrique pour y faire les orifices. De même, on enlève l'écorce du bambou pour obtenir une meilleure sonorité. Auparavant, les flûtes nasales ne comportaient pas plus de deux, trois ou quatre trous. De nos jours, on trouve des flûtes nasales à sept, voire même huit trous.
Quelques notions d'apprentissage
Pour apprendre à jouer de cet instrument, voici ce qu'il convient de faire : il faut insuffler, par le nez, dans le premier trou situé à la tête de la flûte. Pour cela, on approche la flûte près de la narine, tandis qu'un doigt ferme l'autre narine. Ensuite, il suffit de fermer les autres trous de la flûte avec les doigts restants, tout en insufflant par la narine.
Reste à retenir, que la hauteur des notes dépend de la taille de la flûte. En effet, si la flûte nasale est courte la note jouée sera aiguë et inversement, si la flûte est longue la note jouée sera basse.
De nombreuses utilisations
Aux temps anciens, la flûte nasale servait à guider les danses ou montrait, grâce à sa musique, l'amour d'une personne pour une autre.
De nos jours, la flûte nasale guide les orateurs, accompagne les chants traditionnels (tarava) et modernes. Elle est même utilisée lors des prestations du Heiva. De nombreuses opérations ont été menées pour essayer de faire redécouvrir cet instrument de musique à la nouvelle génération.
Ainsi, on peut saluer l'initiative de l'office des postes et télécommunications (OPT) qui a édité l'année dernière un timbre représentant les instruments de musique avec notamment la flûte nasale. De même que l'on peut rendre hommage au groupe "Fenua" qui a permis à de nombreuses personnes de découvrir (ou redécouvrir) cet instrument. On peut signaler qu'il existe depuis quelques temps une école d'apprentissage de la flûte nasale (vivo) appelée "Te Manaha", qui se situe sur le cours de l'Union Sacrée à Taunoa. l
Rédacteur : matelot Tom Tefaaora |