samedi 26 juillet 2008

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Faune
Faune du récif et lagon :

Les poissons

Les lagons polynésiens comptent plus de 800 espèces de poissons. Ce sont de loin les animaux les plus colorés et les plus attrayants pour le plongeur. Autour des pâtés coralliens, les poissons papillons ou Chaetodons, se reconnaissent bien par leur bouche effilée qui leur permet de prélever les polypes des coraux. Tandis que les Chirurgiens arborent un petit scalpel à la base de leur queue et peignent les algues sur les coraux morts. Parmi les plus colorés, les poissons Perroquets au puissant bec, raclent la surface des coraux tandis que les demoiselles se faufilent entre les branches des coraux. Loin du regard, dans les anfractuosités, se cachent les mérous, les poissons-picasso ou encore les redoutables murènes qui défendent leur trou. Sur les fonds sableux, se promènent les raies léopard, aigle et pastenague. Dans certains secteurs sableux ou rocheux, repose le poisson-pierre ou nohu, redoutable pour le venin contenu dans ses bourrelets dorsaux. Et enfin, les requins de lagon sont généralement des pointes noires au comportement non-agressif.

Les plus grandes espèces se rencontrent au voisinage des passes, sur les versants extérieurs et au large. Les requins, les raies manta et les carangues en sont les principaux représentants.

Les échinodermes : oursins, étoiles de mer et holothuries

Les oursins sont bien représentés dans les récifs. L'oursin noir à longs piquants appelé «Vana», est très prisé par les populations locales pour la consommation de ses œufs. L'oursin crayon qui habite le front du récif est trop souvent ramassé pour la beauté de ses larges piquants violets. Les étoiles de mer ne sont pas très nombreuses et on citera la Taramea, étoile de mer épineuse mangeuse de corail et dont les piquants sont venimeux.

Enfin, les holothuries ou bêches de mer, répugnent souvent le baigneur par l'aspect de leur corps longs et mous. Elles sont pourtant inoffensives et passent leur temps à ingérer du sable qu'elles rejettent après l'avoir débarrassé de la matière organique.

Les mollusques et crustacés

Leur corps est protégé par une coquille calcaire pour les coquillages et par une carapace pour les crustacés. Ces animaux se cachent en général dans les anfractuosités du corail ou dans le sable. Les coquillages sont avec les poissons le groupe le plus riche. Les plus gros coquillages sont le Troca et le Burgau, tout deux introduits pour l'exploitation de leur nacre. Leur cueillette est strictement réglementée. La famille des Cônes est la mieux représentée en Polynésie, avec les Porcelaines. Ils sont les plus recherchés par les collectionneurs.

Enfin, parmi les Bivalves, le majestueux Bénitier montre entre ses valves entrouvertes une magnifique robe aux couleurs électriques et la Nacre aux lèvres noires fait l'objet d'une intense aquaculture pour la production de perles.

Chez les crustacés, le grand crabe maculé très recherché pour sa chair, se reconnaît à ses tâches rouges et vit de préférence sur le front du récif, tandis que les langoustes et cigales de mer se trouvent plutôt sur le versant océanique du récif. Enfin, le plus prisé des crustacés est une squille ou Varo, rappelant par son long abdomen la mante religieuse. Il vit dans de profonds terriers creusés dans le sable.

Dangers du lagon

 

Les coquillages dangereux

Il existe plusieurs milliers d'espèces venimeuses marines. Les mollusques dangereux sont essentiellement des Cônes : cône textile, cône tulipe.

Ces individus ont en commun une glande venimeuse qui leur permet de neutraliser leurs proies et piquer le collectionneur peu attentif au moment de la récolte. Attention donc !

Il est recommandé de tenir les Cônes par le côté dorsal de la spire, jamais par l'ouverture et de se méfier des sacs en toile ou plastique qui traînent près de vous, quand vous faites de la plongée.

Outre les Cônes, d'autres familles de Gastéropodes sont capables d'empoisonner leur proie. D'autres mollusques comme certains Cephalopodes consommés par l'homme provoquent des intoxications alimentaires plus ou moins graves.

 

Les poissons dangereux

Un certain nombre de poissons peuvent constituer un danger pour l'homme lors du contact ou de la consommation. On distingue trois types de poissons dangereux.

 

Les poissons vulnérants purs

Ces poissons sont dotés d'organes ou dispositifs de blessures plus ou moins graves, sans envenimation, telles que des morsures pouvant aller jusqu'à l'amputation ou l'arrachement de masses musculaires atteintes, piqûre, éraflure et abrasion. Quelle que soit la lésion, il faut se méfier des complications par surinfection. Les espèces les plus souvent en cause sont les requins, barracudas, murènes, balistes, espadons, aiguillettes, demi becs, soldats, nasots, rougets, poissons porc épic et globes. Les accidents surviennent au cours des baignades et au cours des plongées.

 

Les poissons venimeux

Ces poissons, outre les méfaits précédemment exposés, sont en plus capables lors d'une piqûre ou d'une coupure, d'injecter dans l'organisme humain des substances nocives et venimeuses. Les espèces les plus souvent responsables sont les poissons-pierre, rascasses, ptérois, picots, raies armées et chirurgiens.

 

Les poissons vénéneux

Ces poissons en parfait état de fraîcheur sécrètent ou accumulent dans leur organisme des substances capables d'entraîner chez les consommateurs des intoxications alimentaires. Les empoisonnements les plus redoutables sont ceux causés par la consommation de poissons-coffres ou tétrodons (l'ingestion de foie, œufs, laitance et peau). Les intoxications restent rares mais sont sévères avec paralysie et risque élevé de mort. Les empoisonnements histaminiques mettent généralement en cause les poissons du large (thons, bonites) mal conservés après la pêche. Ils entraînent un état de malaise général avec oedèmes et plaque d'urticaire. Ils sont peu fréquents et sans gravité majeure.

 

Tortue

Sur les huit espèces de tortues marines actuellement reconnues, trois sont rencontrées dans les eaux polynésiennes : la tortue verte ( h onu), la tortue imbriquée ( h onu afii moa aore, ou h onu k ea) et la tortue l uth ( m arena).

La tortue verte doit plus son nom à la couleur de sa chair qu'à la couleur de sa carapace. Pourchassée pour sa chair et ses œufs depuis des années, elle fait l'objet d'un braconnage intensif qui alimente une activité commerciale illicite.

La tortue imbriquée intéresse les artisans pour sa carapace composée d'écailles imbriquées. Sa chair en revanche est réputée toxique.

La tortue luth ne porte pas d'écailles mais est recouverte d'un épiderme gris-bleu dont l'aspect lui a valu le nom de « tortue cuir ». plus rare en Polynésie, la tortue Luth détient le record de plongée en étant capable de rester une demi-heure sous l'eau et dépasser les 1000m de profondeur. Elle est souvent victime d'occlusion intestinale due à l'absorption de sacs plastiques qu'elle confond avec des méduses.

Les tortues marines peuvent vivre entre 50 et 80 ans mais elles mettent plusieurs années à atteindre leur maturité(entre 20 et 50 ans selon les espèces) et à se reproduire. L'accouplement a généralement lieu non loin des côtes et les femelles se hissent hors de l'eau pour pondre sur la plage environ 4 semaines après. Elles pondent entre 50 et 150 œufs, ce qui permet de compenser les pertes importantes infligées aux jeunes tortues par de nombreux prédateurs : crabes, oiseaux, chiens et poissons carnivores. Une fois dans l'eau, les jeunes tortues se laissent dériver en haute mer avant de rechercher des aires d'alimentation. Elles sont capables de faire des milliers de kilomètres pour relier les zones de reproduction et celles d'alimentation.

 

Liens avec Baleine, ciguatera, lagon, plongée sousmarine

 

Quelques autres organismes toxiques

Chez les Crustacés, les Polynésiens ont un vocable «pa'apa'a ta'ero» pour désigner des espèces toxiques ou supposées comme telles : Carpilius convexus, proche du crabe maculé, Eriphia sebana, Atergatopsis signatus et Zozymus aeneus. Les intoxications avec ces organismes sont rares mais foudroyantes.

 

Faune terrestre

La faune de Polynésie se compose d'espèces endémiques* à une ou quelques îles et d'espèces à grande répartition dans le Pacifique. La majorité des groupes zoologiques introduite au cours des colonisations naturelles et progressives des îles est originaire de l'Ouest, depuis l'ensemble i ndo- m alais (voir Histoire et Flore dans «A à Z»). La relative pauvreté faunistique est liée à son caractère insulaire et à son éloignement des grandes masses continentales, c'est ainsi que la Polynésie a été préservée d'un certain nombre d'endémie tropicale : paludisme, fièvre jaune, … L'histoire de l'ornithologie en Polynésie souligne des phénomènes d'extinctions de certaines espèces d'oiseaux depuis le xviii e et l'introduction de nouvelles espèces depuis la fin du xix e. L'avifaune comporte toutefois des caractères originaux et une grande richesse en formes endémiques et en espèces d'oiseaux de mer.

*endémique : se dit des espèces vivantes propres à un territoire bien délimité

 

Oiseaux

112 espèces d'oiseaux ont été recensées en Polynésie. L'avifaune marine, avec 27 espèces nicheuses, place la Polynésie parmi les régions tropicales les plus riches. L'avifaune terrestre, par contre, est l'une des plus pauvres du monde avec 30 espèces, mais cette pauvreté masque un taux d'endémisme élevé avec pas moins de 15 espèces et environ 40 sous-espèces, soit 32 % d'endémisme.

Avec 13 espèces d'oiseaux introduites, une nouvelle avifaune s'est constituée et l'avifaune autochtone ne cesse de régresser. L'ensemble de l'avifaune actuelle reste très fragile et 19 espèces sont actuellement menacées.

La réduction du nombre d'espèces est un phénomène dû à l'insularité que l'on retrouve partout dans le monde. On enregistre en Polynésie un plus grand nombre d'espèces d'oiseaux terrestres dans les îles hautes, plus riches en niches écologiques, que dans les atolls. En revanche, les atolls abritent généralement davantage d'oiseaux marins nicheurs, sans doute parce que moins de la moitié des atolls reste inhabitée.

On distingue quatre catégories d'oiseaux :

- les oiseaux marins nicheurs, 27 espèces. La Polynésie abrite l'une des communautés d'oiseaux de mer la plus diversifiée et abondante du Pacifique tropical. 9 espèces existent uniquement dans la région du Pacifique et 3 sont endémiques à la Polynésie, dont le pétrel de Murphy, appelé aussi «noha».

- les oiseaux marins visiteurs, 20 espèces. Ce sont des oiseaux migrateurs, voyageurs réguliers ou accidentels, qui survolent les eaux polynésiennes.

- les oiseaux terrestres nicheurs, 30 espèces réparties ainsi : 2 espèces de hérons, 1 canard, 1 râle, 1 limicole, 9 pigeons, 3 loris, 2 salanganes, 4 martins-pêcheurs, 1 hirondelle, 2 fauvettes, 4 monarques. Elles présentent une richesse biologique certaine :

originaires, pour la plupart, de Malaisie ou Australasie, elles sont aujourd'hui des espèces endémiques de Polynésie, à l'exception de l'aigrette sacrée, de la marouette fuligineuse et du canard à sourcils qui connaissent une vaste diffusion dans le Pacifique.

Les populations de fauvettes à long bec présentent des aspects très variés suivant les îles et illustrent bien le phénomène de l'endémisme.

- les oiseaux terrestres visiteurs, 13 espèces. Ce sont des migrateurs, venant de Sibérie, d'Amérique du Nord ou de Nouvelle-Zélande qui traversent chaque année le Pacifique pour hiverner en Polynésie durant quelques mois. C'est un phénomène rare, car ces oiseaux migrateurs terrestres évitent en principe de traverser la moindre étendue marine, la perméabilité de leur plumage leur interdisant de se poser sur l'eau.

 

Reptiles

Les reptiles sont la composante la plus représentative de la faune locale des vertébrés terrestres. Ce sont uniquement des lézards, répartis en 7 espèces dans deux familles (Scincidés et Gekkonidés). La seule présence de lézards en Polynésie est l'expression de l'appauvrissement en espèces d'Ouest en Est de la région Pacifique. Le gecko a été décrit pour la 1re fois à Nuku Hiva (Marquises), lors de l'expédition russe de Von Krusensten (1803-1806).

 

Insectes

On compte près de 625 espèces d'insectes dont les plus répandus sont les moustiques, qui apportent parfois quelques désagréments. L'Aedes, reconnaissable par ses minuscules pattes blanches et noires est le premier vecteur de dengue et filariose. Aux Marquises, les nonos de plage et de vallée, aux piqûres qui démangent fortement, sont aujourd'hui encore un frein au développement touristique de l'archipel. Quant aux cafards, ils deviennent, avec les margouillats (les geckos des maisons) des compagnons de route !

Mollusques

Les gastropodes terrestres (escargots, limaces) présentent une étonnante diversité, dont la majorité est endémique.

Entre 1907 et 1924, une mission scientifique anglaise montra l'abondance des escargots du genre Partula, pûpû, (célèbres car reconnus intéressants pour l'étude des problèmes d'évolution) dans l'île de Moorea. À cette même époque, ces coquilles servaient à confectionner des couronnes d'adieux. Les Partula de Moorea constituaient un des exemples les plus démonstratifs de l'endémisme insulaire (réduit à une seule vallée parfois) avec 6 espèces différentes. Aujourd'hui, on assiste à la lente disparition des Partula avec l'introduction successive de l'escargot géant africain comestible, l'Achatine et d'une espèce carnivore, l'Eugladine.

 

Mammifères

Il n'y a pas de mammifères autochtones en Polynésie. Tous ont été introduits volontairement ou non par l'homme. Le chien et le porc furent amenés par les premiers Polynésiens au cours de leurs migrations avec, dans le fond de leurs pirogues, le rat. Les Européens ont introduit par la suite des animaux domestiques et d'élevage. La chèvre, le cochon, ou encore le cheval des Marquises sont retournés depuis à un état plus sauvage.

 

Faune d'eau douce

La faune des mollusques d'eau douce est aujourd'hui pauvre et cosmopolite. Sur les huit espèces existantes, trois ont été introduites au cours des dernières décennies et n'ont pas concurrencé les espèces locales. Ces mollusques vivent collés aux rochers des rivières et des cascades et se nourrissent d'algues microscopiques.

Les chevrettes (crustacés d'eau douce) peuplent les cours d'eau des îles hautes. C'est la nuit que les chevrettes sortent pour chasser ou pondre. L'éclosion se fait dans la rivière tandis que le développement larvaire se déroule dans la mer, avant que les jeunes chevrettes ne remontent les cours d'eau.

La pêche des chevrettes se fait à l'aide d'une longue tige de bambou ou de bois souple à l'intérieur des vallées. Elle fait l'objet d'une réglementation : elle est interdite de novembre à janvier et la taille minimale autorisée des captures est de 6 cm. Les chevrettes occupent une place importante dans la gastronomie locale.

Les rivières et lacs polynésiens sont également peuplés de quelques poissons d'eau douce parmi lesquels les anguilles, assez peu pêchées car considérées dans la tradition comme sacrées.

Références :

- Atlas de la Polynésie française (Ouvrage collectif aux éditions de l'Orstom - 1993)

- Encyclopédie de la Polynésie Vol. 2 (Ouvrage collectif aux éditions Gleizal - Multipress - 1986)

- L'État de l'Environnement dans les Territoires français du Pacifique Sud/mars 1995 (C. Gabrie - M.L Licari - D. Mertens). Édité par l'IFEN et le Ministère français de l'Environnement

- Livre rouge des oiseaux menacés des régions françaises d'outre-mer (J.C Thibault - I. Guyot). Édité par le Conseil International pour la Protection des Oiseaux

- « Manu » - éditions Aux vents des îles