vendredi 18 mai 2012

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La dengue

La dengue est un virus contre lequel il n'existe ni traitement, ni vaccin. Son principal vecteur de diffusion est un moustique du genre Aedes et principalement Aedes aegypti qui lors de sa piqûre va contaminer un individu sain à partir d'un individu contaminé.

Quatre types de virus de la dengue ont été isolés, ils apparaissent le plus souvent de façon séparée mais peuvent exceptionnellement être associés. La maladie se développe de façon endémique (comme la grippe) ; chaque affection apporte au sujet une certaine forme de vaccination, et il ne pourra plus développer la maladie après avoir été exposé à un certain type de virus : il est immunisé.

Une épidémie apparaissant de façon séquentielle dans le temps, on peut donc estimer qu'une partie de la population sera protégée lors d'une nouvelle vague de transmissions. Seules seront exposées les personnes nées depuis la dernière épidémie ainsi que celles n'ayant pas été précédemment atteintes (notamment les nouveaux arrivants).

En piquant un individu atteint de dengue, le moustique ingère le virus qui va rapidement se répliquer dans son intestin puis migrer dans ses glandes salivaires. Le virus contenu dans la salive sera alors transmis lors de chaque nouvelle piqûre. L'incubation dure, chez l'Homme, entre 3 et 7 jours au terme desquels les premiers symptômes de la maladie pourront apparaître.

Les manifestations cliniques sont variées : forte fièvre, vomissements, déshydratation, douleurs musculaires, troubles oculaires, céphalées, éruptions cutanées. Ces symptômes durent 4 à 5 jours et sont suivis d'une grande fatigue.

L'examen du sang montre souvent une diminution des globules blancs, ainsi que des perturbations hépatiques. Cette forme clinique est la plus fréquente. Elle est bénigne et guérit sans séquelles.

Mais une autre forme existe, beaucoup plus grave : la dengue hémorragique (DH). Après les premiers signes classiques, apparaissent des hémorragies plus sévères (au niveau de la peau, du tube digestif, des gencives…) associées à une fatigue intense et à de violentes douleurs abdominales. On observe alors une forte baisse des plaquettes sanguines. Si l'évolution est le plus souvent favorable, un état de choc peut survenir chez certains patients qui doivent être hospitalisés.

La dengue touche 60 à 100 millions de personnes chaque année dans le monde. Sa forme hémorragique représente environ 1 % des cas de dengue recensés; elle est responsable de plus de 20 000 morts annuelles.

L'Institut Malardé est le seul organisme en Polynésie française à réaliser le diagnostic virologique de la dengue. Sachant que le virus est présent pendant les cinq premiers jours de la maladie et qu'à partir du 6e jour apparaissent les anticorps, deux démarches sont possibles : la détection du virus (virologie) si la prise de sang a été faite précocement, et la détection des anticorps (sérologie) si le prélèvement est plus tardif.

 

Aedes aegypti est un moustique qui pique le jour; il est plus agressif le matin après le lever du soleil et en fin d'après-midi. La meilleure façon de se protéger est d'éviter les piqûres en utilisant des produits répulsifs et surtout de lutter contre toute prolifération des moustiques par des traitements insecticides et la destruction systématique des gîtes. Des campagnes d'information sont régulièrement menées notamment en début de saison des pluies pour sensibiliser la population.

 

Les grandes épidémies en Polynésie française

Depuis le début du XXe siècle, onze épidémies ont frappé la Polynésie.

1902 type 1
1943-44 type 1
1964-65 type 3
1969 type 3
1971 type 2
1975 type 1
1979 type 4
1988 type 1
1989 type 3
1996 type 2
2001 type 1

Plus d'informations sur le site de l'Institut Louis Malardé: www.ilm.pf