vendredi 18 mai 2012

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Danses traditionnelles

Les Polynésiens sont des danseurs nés. Pas un évènement, dans les temps anciens, qui ne soit ponctué d'une fête (heiva) où la danse occupe une place prépondérante. La danse (ori Tahiti) est vraiment la manifestation première de la joie de vivre polynésienne.

Le rôle de la danse

Autrefois, la danse était liée à tous les évènements de la vie. Les Polynésiens dansaient pour manifester leur joie mais aussi pour accueillir des visiteurs, défier un ennemi, triompher dans une compétition, implorer les dieux ou accompagner les grandes assemblées solennelles des marae. C'était également un moyen d'exprimer les sentiments, de laisser son corps parler. La danse était aussi utilisée à but éducatif, elle permettait d'enseigner les histoires ou les légendes de la Polynésie. La danse était avant tout un moyen de s'amuser et d'amuser.

La prohibition de la danse

À l'arrivée des Occidentaux, la Polynésie a subi beaucoup de changements, notamment dans le domaine de la danse. L'extravagance, la liberté et le caractère érotique de certaines postures effrayaient les missionnaires qui font interdire la danse. En 1819, le code Pomare confirme cet interdit. La danse refait toutefois surface en 1895. Elle sera d'abord présente dans le programme des fêtes du 14 juillet puis d'année en année prendra de l'ampleur.

La danse traditionnelle aujourd'hui

Aujourd'hui, la danse se pratique essentiellement à l'occasion des concours organisés durant les festivités de juillet : le heiva. Deux concours principaux sont ouverts, l'un aux groupes, dits «professionnels» (hura tau) et l'autre aux amateurs (hura avaitau). C'est à ce moment que l'on peut admirer les plus beaux spectacles. Des prix parallèles récompensent les meilleurs costumes, les meilleurs musiciens, les meilleurs danseurs individuels, etc.

Mais, on peut également voir d'excellentes prestations dans les grands hôtels de Tahiti où les groupes donnent des spectacles plusieurs fois par semaine.

 
Les différents types de danses

•  le OTE'A, danse interprétée par toute la troupe (OTE'A AMUI), illustre le thème principal du spectacle. Tous les danseurs évoluent en colonnes sous la direction du RA'ATIRA (chef de groupe). L'orchestre joue uniquement des percussions. Le OTE'A VAHINE et le OTE'A TANE sont ici interprétés conjointement par les femmes et les hommes.

Les mouvements ondulatoires des hanches et les pas des danseuses font appel à toute la science de cette danse typique. Les danseurs, quant à eux, exécutent des mouvements avec leurs jambes. C'est le «pa'oti» : les genoux s'ouvrent et se ferment en de grands battements. La qualité du ote'a réside dans le fait qu'il fait appel à toute la panoplie des pas répertoriés par les techniciens de la danse.

•  Le APARIMA est une danse plus sensuelle dans laquelle les mouvements des mains jouent un grand rôle. Elle se reconnaît facilement grâce aux gestes qui miment des scènes de la vie quotidienne. La tenue vestimentaire est différente également, puisque le pareu est de rigueur à la place du more. Des accessoires sont utilisés au cours de l'aparima, comme des filets de pêche, des pagaies, etc. L'orchestre entonne généralement un chant que les danseurs reprennent en chœur. Guitares et ukulele accompagnent l'ensemble rythmé par les lourds pahu (hauts tambours).

 

•  Le PAO'A est une danse plus récente, très rythmée. La plupart du temps, l'orchestre s'installe au milieu de la scène et les danseurs se placent en demi-cercle autour des musiciens. Hommes et femmes sont accroupis côte à côte et tapent dans leurs mains ou sur leurs cuisses. Le ra'atira, ou un personnage principal de la scène, lance des messages chantés auxquels tout le monde répond de façon scandée. Des interventions en solo des bons danseurs peuvent aussi agrémenter le spectacle.

•  Le HIVINAU est en général la dernière danse du spectacle, également appelée ori faa'ohu. Cette danse en cercle est interprétée par les hommes et les femmes qui tournent dans des directions opposées. Aux Marquises, dans les Tuamotu ou aux Australes, il existe quelques variantes que le public a la chance de découvrir chaque année lors du Heiva.

Liens : Heiva / Instruments de musique