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Histoire
Avant l'arrivée des premiers Européens, les Polynésiens fabriquaient occasionnellement plusieurs genres de boissons à base de fruits fermentés.
Le vin, la bière et toutes sortes d'autres boissons plus ou moins alcoolisées firent une entrée fulgurante dès l'apparition des premiers navires touchant Tahiti, avec tous les maux et désagréments que cela entraîne.
La bière d'importation (essentiellement allemande) coule déjà largement sur le territoire au début de ce siècle lorsqu'en 1914, les frères Vernaudon achètent à Sosthène Drollet une petite usine à glace et à eau gazeuse que ce dernier avait créée, à emplacement du «Petit Creusot», une modeste forge mécanique qu'ils exploitaient auparavant. En plus de la glace et de la limonade, ils se mettent à fabriquer une bière qu'ils baptisent «AORAI». Mais les installations sont détruites presqu'aussitôt par l'incendie qui suit le bombardement de Papeete, le 22 septembre, par 2 croiseurs allemands.
Ce n'est donc que le 4 avril 1917 que le Gouverneur Julien inaugure en grandes pompes la « Brasserie de Tahiti », reconstruite par les frères Vernaudon et Jules Stergios. |
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La bière «AORAI» fabriquée par la Brasserie de Tahiti connaît un gros succès malgré de nombreux changements de propriétaires : en 1922 elle est achetée par un groupe américain de Chicago, puis finalement en 1937 elle est rachetée par Emile Martin. Jusqu'à maintenant, elle reste la propriété de la famille Martin, et est dirigée par un descendant de Emile Martin, Jean-Pierre Fourcade.
La bière «AORAI» devient «HINANO» (nom de la fleur de pandanus) en 1955 et c'est sous cette appellation qu'elle obtient une réputation mondiale. |
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En juin 1965, une deuxième brasserie voit le jour, au grand dam de la première mais à la plus grande joie des buveurs ... Et aussi des collectionneurs d'étiquettes car c'est en effet une véritable compétition publicitaire que se livrent les deux sociétés «HINANO» et «MANUIA» par étiquettes interposées. Chaque fin d'année et chaque fête de juillet (Tiurai) voient fleurir des étiquettes différentes ; il est même possible d'avoir des «crus» personnalisés. Les bières brunes font une timide apparition, mais n'arriveront jamais à concurrencer les bières brunes d'importation. |
La valse des étiquettes atteint son apogée à la fin des années 70 : MANUIA API, PIA TIURAI, VAHINE, PIA TAHITI et même une nouvelle BIERE D'AORAI qui disparaîtra en 1979.
L'ère industrielle
La Brasserie de Tahiti est donc de nouveau la seule à régner sur la Polynésie. Elle met en bouteilles quantité d'autres marques de bière mais aussi de vin, des boissons gazeuses et alcools divers. En 1989, l'expansion devient indispensable. L'évolution technique dans les méthodes de fabrication des produits, aussi bien que les conditions de travail de son personnel qui ne cesse d'augmenter, oblige la Brasserie à déplacer ce qui est devenu une véritable usine pour l'installer dans la zone industrielle de la Punaruu, la direction conservant ses bureaux place de la Cathédrale.
C'est sans doute aujourd'hui le complexe le plus moderne de tout le Pacifique Sud, elle est en 2004 la 4 è entreprise de Polynésie en chiffre d'affaires.
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