vendredi 30 juillet 2010

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Agriculture
Histoire

L'arrivée du CEP dans les années 60 a bouleversé le secteur primaire alors très développé puisque le territoire était exportateur de café, de vanille et de coprah. Historiquement, cet évènement a été considéré comme une aubaine, car il coïncide avec une période de chute des cours mondiaux. Dès lors, l'économie polynésienne est passée d'une économie de subsistance à une économie de subvention. L'ère du CEP voit une désaffection du secteur primaire au profit de l'administration.

La petite taille du marché intérieur a toujours poussé les gouvernements à protéger les industries locales dites de «substitution d'importations» par une surtaxation des importations et l'instauration d'un système de quotas d'importations. Cette politique s'est avérée malheureusement néfaste pour certaines industries agro-alimentaires et il était donc impossible de développer une réelle industrie (importations de matières premières, de machines et d'autres «consommations intermédiaires» trop chères).

Ainsi, l'objectif le plus optimiste est celui de la couverture des besoins alimentaires en produits agricoles bruts pouvant être cultivés en Polynésie (fruits, légumes ...), l'importation des autres produits agricoles ainsi que ceux des industries agro-alimentaires devant être financés par des activités d'exportations à fort potentiel en Polynésie comme le tourisme ou la perle.

 

Le problème foncier

L'absence de zones agricoles protégées (ZAP) rend l'accès à la terre coûteux, surtout s'il s'agit de l'installation d'un jeune agriculteur. De nombreux terrains privés restent inexploités par méconnaissance des possibilités qu'offre le régime des baux ruraux. Le régime de l'indivision, représentant 34% de la SAU (Surface Agricole Utile), est un frein à la mise en valeur des terres, car les revenus reviennent à parts égales à chaque co-divisaire, même s'il n'a pas contribué à la production par son travail. De nombreux procès ont lieu en raison de ce problème. Les terres agricoles sont fortement parcellisées : près de 90% des exploitations occupent uniquement 15% de la SAU, avec une taille moyenne inférieure à 2 hectares (et pour la majorité, moins de 0,5 hectare). La seule exception est l'archipel des Iles Marquises, qui, en raison de la présence de surfaces de pâturages destinées à l'élevage extensif, ont des exploitations de près de 19 hectares en moyenne.

De surcroît, les exploitations agricoles sont faiblement mécanisées en raison du relief fortement accidenté; il en résulte une faible productivité de ces exploitations.

 

Le problème humain

Le niveau de qualification des exploitants est insuffisant sur le plan technique (exemple du café, que les torréfacteurs préfèrent importer pour des raisons de qualité, même si d'autres facteurs tels que le prix interviennent en faveur de l'importation) ainsi que sur le plan commercial : les terres ne sont pas exploitées dans une optique de gestion, la production et la commercialisation ne sont pas structurées, même si des coopératives se sont formées et continuent à se former. La moyenne d'âge élevée des exploitants est un facteur aggravant et pose le problème de la pérennité de l'activité agricole

 

Les perspectives de développement agricole

Trois objectifs complémentaires conditionnent un développement agricole:

- tendre vers une auto-suffisance des besoins alimentaires;

- promouvoir l'exportation;

- maintenir les populations rurales dans les îles et assurer la relève des exploitants agricoles.

Au terme de l'année 2010, la production agricole devra fournir, au minimum, le tiers des produits commercialisés, au lieu de 23% en 2000. Compte tenu d'une croissance démographique de 2,5% par an, à consommation constante par habitant, la production (hors coprah) devra pratiquement doubler pour atteindre cet objectif.

 

Le coprah

Le coprah reste la principale production en volume et assure un moyen de subsistance à environ 12 000 personnes. Le coprah bénéficie d'une subvention totale de près d' 1 milliard Fcfp, par le biais notamment du soutien des cours par la Caisse de Soutien des Prix du Coprah (CSPC) créée à cette fin, permettant le maintien de la population active dans ce secteur, particulièrement vital aux Tuamotu et aux Marquises.

Le coprah est acheté par l'Huilerie de Tahiti qui produit essentiellement de l'huile brute pour l'exportation et de l'huile raffinée pour la production locale de monoï.

 

Légumes frais

La progression des légumes est surtout due à l'essor des surfaces destinées aux cultures sous serres et hydroponiques (tomates, poivrons, concombres, salades) produisant de gros tonnages, surtout aux Australes. L'intensification de ces cultures entraîne une concentration des producteurs, une reconversion des petits maraîchers traditionnels et une augmentation des prix de détail. Malgré la forte concurrence des produits surgelés importés, la production locale est en progression constante. L'objectif du plan de développement est la substitution d'importation lorsque les conditions techniques et financières permettent d'arriver à des prix de vente proches de ceux des produits importés.

 

La substitution d'importation concerne d'une part des légumes déjà produits localement dont l'importation en frais et en conserve demeure importante (carottes, tomates, haricots verts, choux verts) et d'autre part, des légumes non encore produits localement mais dont la production est techniquement possible (oignons, choux rouges, laitues, petits pois, asperges).

L'élevage porcin

Le porc est la seule production animale significative. Malgré les problèmes de normes sanitaires peu respectées et les nuisances engendrées par les élevages, la production locale reste soutenue et protégée par une limitation des importations, en principe réservées à la transformation (charcuteries).

 

Les filières d'exportation

Les filières d'exportation comprennent essentiellement la vanille, le café, l'ananas, les fleurs coupées et les plantes aromatiques et pharmaceutiques.

 

Le nono

Ce fruit a fait sa première apparition dans les statistiques agricoles en 1996. L'engouement du marché, notamment américain pour le nono (plantes aux vertus thérapeutiques larges), a provoqué une conversion des agriculteurs vers la récolte de la plante et la construction à Papara d'une usine de mise en bouteilles.

 

Le café

La production de café est en hausse. Le bon niveau des cours internationaux a entraîné la relance de cette culture qui avait été laissée à l'abandon. L'objectif des torréfacteurs polynésiens est de commercialiser un café haut de gamme «Café de Tahiti» pour l'export, en capitalisant sur l'image de rêve que constitue Tahiti, à l'image de la stratégie adoptée par les Iles Hawaï.

 

Fleurs

Le marché intérieur absorbe la majeure partie de la production florale, mais le secteur s'est structuré pour l'exportation, vers la France et l'Allemagne notamment, en assurant des normes de qualités répondant aux standards internationaux et en organisant la commercialisation.

 

vanille

La vanille tahitienne est une ressource rare. La haute qualité de la vanille de Tahiti explique que les exportations soient en hausse tout en restant stables en volume.

 

Fruits

L'ananas, la pastèque et le coco représentent les premières productions de fruits. L'ananas, dont la production est concentrée dans les îles du Vent, est écoulé à près de 50% dans l'usine de jus de fruits locale et celle-ci a dû ralentir ses achats car elle a souffert de la montée des boissons gazeuses et des sodas.

Pour l'exportation, l'ananas est techniquement le seul à pouvoir répondre à la demande, forte pour la zone Pacifique (Californie, Nouvelle-Zélande, Japon, Canada, Chili). Malgré un prix de détail plus de trois fois plus élevé que les autres ananas, celui-ci est très prisé par les consommateurs, en raison de ses qualités organoleptiques (son parfum et son goût).